en espérant que tu liras ceci...

Je me souviens de ces temps ou le simple fait de ne pouvoir se parler une journée nous rendait triste mutuellement... je me souviens du temps ou on se voyait s'en rien attendre de l'un de l'autre... je me souviens du temps ou je voyais cette étincelle dans tes yeux quand je te regardais...



Te souviens-tu de ces quelques mots que tu m'avais écrit autrefois:
salut mon amour c simplement pour te dire que jai passer une agreable journer en ta presence je t'aime mon amoir pi je pense a toi -xxx- vraiment tu me manque pi je tien a toi je ne fait que^penset a toi enfin brefg jespere avoir fait bonne impresion envers ta famille pi jveut etre ak toi longtemps encore jtaime pi je pense sans cese a toi tes mon fatal love c'est la premiere fois que jaime auelqu'un autan que toi pi jespere que sa va rester dememe parce que jtaime tout sim-plement breff Dave

Moi je m'en souviens et je continue a avoir les yeux plein d'eau en le lisant... c'était le temps ou je croyais en notre amour... que je croyais que le nous vaincrait les pires méandres de la vie humaine.

J'imagine que tu ne te souviens pas, lors de notre quatrième moi de fréquentation que nous nous sommes chicané au sujet du temps qu'on se voyait. Tu m'avais dit que j'étais ta priorité, bien avant ta famille... je t'avais cru, j'avais été touché... mais voila qu'il y a 3 semaines tu m'as dit que ta famille était ta priorité suivi de toi et finalement de moi... j'ai été bouleversé de l'apprendre car pour moi, tu es une de mes priorités a égalité avec ma famille...maintenant, je me demande meme si je ne suis pas plus loin que ca dans tes priorités... Tu as préféré passé la fin de semaine passé avec eux, sans moi... la semaine précédente tu es allé dans un bar a st-jean avec des amis de travail et quelques jours, j'ai appris que c'était des amis et non pas du monde de bureau... je trouve ca dommage de voir que je suis si peu importante pour toi maintenant... ca me bouleverse comme tu ne l'imagine meme pas...

Ca fait maintenant 3 fois que tu décides de rompre et que tu m'appelles le soir pour t'excuser... mes sentiments sont constamment usé et s'amenuise a chaque fois... et voila que, en fin de semaine tu décides d'aller voir un de tes amis plutot que de passer une longue fin de semaine avec moi pour qu'on puisse se réconcilier... je commence a me dire que je n'ai plus ma place dans ta vie, ni meme dans ton coeur, qui semble pris ailleur...

je me rappelle du site que tu avais créé et ou tu avais mis un article sur moi ( http://www.matte-dave.fr.gd/Mon-amour.htm ) qui allait comme suit:



Mon Amour c'est quelque mots pour te devoiler mon amour je t'aime je pense toujour a toi je t'aime pi c pour la vie peut importe les froids qu'on n'a on les regle toujkours je t'aime mon coeur les seule larme que j'ai verser dans m,a vie se son pour toi a plusieur reprise alors je veut tout simplement te dire que je t'aime et que jespere que c'est reciproque j'ai besoin de toi de ton attention de ton affection de tes baiser tendre sans toi je ne sais pas ce que je ferais je t'aime a la folie passionement pour toujours tes lamour de ma vie en ecrivant c'est mots j'en ai les larme au yeux je t'aime pour toujours mon amour


... j'ignore si aujourd'hui encore tu le penses... mais moi c'est toujours le cas... j'ai besoin de toi... de te voir .. de t'embrasser... mais toi en ce moment... je doute que ce soit réciproque...


...Dark Roses...
en espérant que tu liras ceci...
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# Posté le jeudi 21 mai 2009 14:36

Les paroles s'envolent, mais les écrits restent comme on dit ...

Mon amour, comme tu m'as appris de chose depuis que nous sortons ensemble... j'en ai surtout appris sur moi-même en fait...

je me suis rendu compte que je pouvais devenir possessive et jalouse par moment... que j'étais impulsive et que même parfois je pouvais le craindre sans même savoir pourquoi.

Je commets toujours des erreurs mais peut-on me le reprocher? l'humain en fait fréquemment des erreurs, mais moi au moins je les reconnais contrairement a d'autre. J'aime toujours autant mon amour, mais je dois réapprendre a lui faire confiance comme lui d'ailleur... j'ai fouillé dans son téléphone non pas pour chercher qui l'avait appelé non, juste pour voir s'il avait encore mon message que je lui avais écrit peu de temps après que l'on se soit laissé... quand j'ai regardé juste les titres, il y en avait un qui commencait par la belle marie-êve... aussitot j'ai commencé a craindre qu'il m'aille trompé... et je n'ai pas su me taire car il faut tout se dire quand on s'aime réellement et que l'on est en couple. Je lui ai dit et il a cru que je fouillais dans sa vie privée... un froid c'est installé, mais c'est revenu a la normale...

Le st-Valentin... fête au combien commercial et au combien longtemps hait de ma personne... Voila la deuxième fois que je pase cette fête avec l'homme que j'aime et j'espère que ca ne sera pas la dernière non plus... il m'a offert un nounours avec du chocolat et une radio d'auto que malheureusement je ne peux pas brancher sur mon auto... mais bon je trouverai un moyen pour y arriver...


Je ne cesse d'espérer que nous recommencions a nous aimer passionnément comme autrefois, mais je préfère laisser faire les choses... après tout, je suis prête a l'attendre si jamais le pire venait a arriver...
# Posté le mardi 17 février 2009 13:24
Modifié le jeudi 21 mai 2009 14:18

...

Depuis le 2 février, voila 1 an que nous nous cotoyons...

Les moments durent ont été nombreux, comme les moments tendres que nous avions eu ont su nous faire nous aimer encore plus...

A 2 reprises, tu m'as quitté, mais a chaque fois tu m'es revenu, en laissant au passage des larmes qui me martelèrent. Je sais que je n'ai pas toujours été juste avec toi, que j'ai été exigente et même parfois gamine... et je m'en excuse. Je désirais tellement croire en nous, en nous qui serait un couple heureux et qui passerait une partie de leur vie ensemble. Je voulais que tu deviennes mon homme idéal, sans faille ni reproche a te faire... et c'est pour ca que je m'en excuse. J'ai compris en retard, que les chicanes de couple devaient bien exister, pour ainsi se redécouvrir en quelque sorte... L'idée de l'homme idéal s'est effacé, car mon homme idéal je l'avais trouvé avec le temps en toi...

J'ai voulu te changer et je n'ai jamais su te montrer a quel point je t'aimais, et ceci est ma pire erreur que j'ai pu commettre de ma vie... aujourd'hui, tu ignores tes sentiments pour moi et tu ne me crois pas quand je te dis que je t'aime... j'aurai du te le prouver, j'aurai du te le dire et être moins renfermé sur moi-même. J'avais tellement peur de te perdre, qu'aujourd'hui je ne passe pas une journée a pleurer en imaginant que du jour au lendemain tout pourrait se finir ... Si nous venons a nous perdre de nouveau, je sais que tu ne me reviendras pas... Je crains de ne pouvoir rester ton amie ensuite, pendant plusieurs jours, mois, années, car je t'ai aimé comme jamais je n'ai su... Je suis tombé amoureuse de toi et tomber sous ton charme... donc je ne pourrais te revoir après ...

Je te remercie de m'avoir fait sortir de me déprime, je te remercie de m'avoir fait grandir et de m'avoir donner la chance de t'avoir cotoyé... et de m'avoir donné bien des lecons de la vie...

Je t'aime David Matte, qu'importe ce qui va arriver... j'essaierai de t'attendre aussi longtemps que mon coeur saura le faire ... je t'aime David, mon amour depuis 1 ans déja ...
# Posté le mercredi 04 février 2009 08:52
Modifié le jeudi 21 mai 2009 14:18

...

Bonjour ou bonsoir chers entités ...

Comme il y a longtemps que je n'ai donné de mes nouvelles ... sans doute que personne ne l'a remarqué après tout...

Aujourd'hui il y a un an déja que mon cher homologue de coeur, David, et moi sommes ensemble. Malheureusement, en amour rien n'est toujours beau... Nous avons cessé notre aventure 2 fois, mais nous sommes revenu ensemble peu de temps après. Comme j'en ai souffert... je me suis senti mourir 2 fois, étouffé et noyer dans une averse de larme... même quand j'ai appris que Gabriel ne m'aimait pas je n'avais pas souffert autant...

Je crains de perdre mon cher amour, car je suis indépendante de nature... Voyez-vous, je n'ai jamais eu de vrai relation ou de vrai copain... j'étais habitué de vivre me vie sans pour autant me préoccuper d'autrui... je me rends compte que plus les jours passent et plus que je le connais, je l'aime et je tiens a lui... Mais ca, je crois qu'il ne le croira jamais malheureusement...


L'humain, quel être étrange... parfois si touchant et parfois si... amère et répugnant. L'humain je l'apprécie a ces heures comme d'autre fois je désirerais sa perte... L'humain joue bien son role parfois comme ami, comme d'autre fois non. Quand il vous poignarde dans le dos et qu'il ment sur votre personne, voila qui le rend ragougnase

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# Posté le lundi 02 février 2009 19:44
Modifié le jeudi 21 mai 2009 14:19

Le rossignol et la rose

Le Rossignol et la Rose
Oscar Wilde



« Elle a promis de danser avec moi si je lui apportais des roses rouges », s'écria le jeune Etudiant ; « mais il n'y a pas une rose rouge dans tout le jardin. »

De son nid dans le Chêne Vert, le Rossignol l'entendit ; il regarda à travers le feuillage et s'étonna.

« Pas une rose rouge dans tout le jardin ! » s'écria l'Etudiant, et ses beaux yeux s'emplirent de larmes.

« Ah ! de quelles petites choses dépend le bonheur ! J'ai lu tout ce qu'ont écrit les sages, et tous les secrets de la philosophie sont miens, et cependant, faute d'une rose rouge, ma vie devient infortunée. »

« Voilà au moins un véritable amant », dit le Rossignol. « Nuit après nuit, je l'ai chanté sans le connaître ; nuit après nuit, j'ai dit son histoire aux étoiles, et voici que je l'aperçois. Ses cheveux sont aussi sombres que la fleur de jacinthe et ses lèvres aussi rouges que la rose de son désir ; mais la passion lui a fait un visage de pâle ivoire et la douleur lui a mis son sceau sur le front. »

« Le Prince donne un bal demain soir », murmura le jeune Etudiant, « et ma bien-aimée sera de la fête. Si je lui apporte une rose rouge, elle dansera avec moi jusqu'à l'aube. Si je lui apporte une rose rouge, je la tiendrai dans mes bras, et elle penchera sa tête sur mon épaule, et ma main pressera la sienne. Mais il n'y a pas de rose rouge dans mon jardin, et je resterai assis et délaissé, et elle m'ignorera. Elle n'aura de moi nul souci, et mon coeur se brisera. »

« Voilà, en vérité, un véritable amant », dit le Rossignol. « Ce qui fait mon chant fait sa souffrance ; ce qui est joie pour moi est peine pour lui. Vraiment, l'Amour est une chose merveilleuse. Il est plus précieux que l'émeraude et plus rare que la fine opale. Les perles et les grenades ne le peuvent acheter, on ne le trouve pas non plus au marché. On ne peut l'acquérir chez les marchands, ni le peser dans la balance contre de l'or. »

« Les musiciens seront assis dans la galerie », dit le jeune Etudiant, « ils joueront de leurs instruments à cordes, et ma bien-aimée dansera au son de la harpe et du violon. Elle dansera si légèrement que ses pieds ne toucheront pas le sol, et les courtisans dans leurs gais atours s'assembleront autour d'elle. Mais elle ne dansera pas avec moi, car je n'ai pas de rose rouge à lui donner. » Et il se laissa tomber sur l'herbe, enfouit dans ses mains son visage et pleura.

« Pourquoi pleure-t-il ? » demanda un petit Lézard Gris en filant près de lui, la queue dressée.

« Pourquoi, en vérité ? » dit un Papillon qui, en voletant, poursuivait un rayon de soleil.

« Pourquoi, en vérité ? » murmura une Pâquerette à sa voisine, d'une voix basse et douce.

« Il pleure pour une rose rouge », dit le Rossignol.

« Pour une rose rouge ? » s'écrièrent-ils ;

« comme c'est ridicule ! » et le petit Lézard, qui était quelque peu cynique, se mit à rire à gorge déployée.

Mais le Rossignol comprenait le secret du chagrin de l'Etudiant ; il restait silencieux dans le Chêne et songeait au mystère de l'Amour. Il étendit soudain ses ailes brunes et prit son vol. Il traversa le bosquet comme une ombre, et comme une ombre il vogua par le jardin. Au centre de la pelouse, il y avait un beau Rosier et, quand il le vit, il vola vers lui et se posa sur une branche.

« Donne-moi une rose rouge », s'écriat-il, « et je te chanterai ma plus jolie chanson. »

Mais le Rosier secoua la tête. « Mes roses sont blanches », répondit-il, « aussi blanches que l'écume de la mer et plus blanches que la neige des montagnes. Mais va voir mon frère qui croît autour du vieux cadran solaire, peut-être te donnera-t-il ce que tu désires. »

Et le Rossignol vola vers le Rosier qui croissait autour du vieux cadran solaire.

« Donne- moi une rose rouge », s'écriat-il, « et je te chanterai ma plus jolie chanson. »

Mais le Rosier secoua la tête. « Mes roses sont jaunes », répondit-il, « aussi jaunes que les cheveux de la sirène assise sur un trône d'ambre, et plus jaunes que le narcisse qui fleurit dans le pré avant que le faucheur ne vienne avec sa faux. Mais va voir mon frère qui croît sous la fenêtre de l'Etudiant, peut-être te donnera-t-il ce que tu désires. »

Et le Rossignol vola vers le Rosier qui croissait sous la fenêtre de l'Etudiant. « Donne-moi une rose rouge », s'écriat-il, « et je te chanterai ma plus jolie chanson. »

Mais le Rosier secoua la tête. « Mes roses sont rouges », répondit-il, « aussi rouges que les pattes de la colombe, et plus rouges que les grands éventails de corail qui s'agitent sans cesse dans la caverne de l'océan. Mais l'hiver a glacé mes veines et le froid a détruit mes bourgeons, et l'orage a brisé mes branches, et je n'aurai pas de roses cette année. »

« C'est une rose rouge que je désire », s'écria le Rossignol, « rien qu'une rose rouge ! N'y a-t-il aucun moyen de l'obtenir ? »

« Il y a bien un moyen », répondit le Rosier, « mais il est si terrible que je n'ose te le dire. »

« Dis-le-moi », pria le Rossignol, « je n'ai pas peur. »

« Si tu veux une rose rouge », dit le Rosier, « il faut que tu la crées avec de la musique, au clair de lune, et que tu la teintes du propre sang de ton coeur. Il faut que tu chantes pour moi avec ta gorge contre une épine. Toute la nuit, il faut que tu chantes pour moi et que l'épine perce ton coeur, et le sang de ta vie doit couler dans mes veines et devenir mien. »

« La Mort est un grand prix à payer pour une rose rouge », s'écria le Rossignol, « et la Vie est très chère à tous. Il est agréable de s'asseoir dans le bois vert et de contempler le Soleil dans son char d'or, et la Lune dans son char de perles. Doux est le parfum de l'aubépine, et jolies sont les campanules qui se cachent dans la vallée, et la bruyère qui fleurit sur la colline. Mais l'Amour vaut mieux que la Vie, et qu'est-ce que le coeur d'un oiseau comparé au coeur d'un homme ? »

Et il étendit ses ailes brunes et prit son vol. Il parcourut le jardin comme une ombre, et comme une ombre il vogua vers le bosquet. Le jeune Etudiant était encore couché sur l'herbe, là où il l'avait laissé, et il y avait encore des larmes dans ses beaux yeux.

« Sois heureux », s'écria le Rossignol, « sois heureux ; tu auras ta rose rouge. Je la créerai avec de la musique au clair de lune, et la teinterai du propre sang de mon coeur. Tout ce que je te demande en retour, c'est que tu sois un amant véritable ; l'Amour est plus sage que la Philosophie, bien qu'elle soit sage, et plus puissant que le Pouvoir, bien qu'il soit puissant. Ses ailes sont couleur de flamme, et couleur de flamme est son corps. Ses lèvres sont douces comme miel et son haleine est comme l'encens. »

L'Etudiant leva les yeux et écouta, mais il ne pouvait comprendre ce que lui disait le Rossignol, car il ne savait que les choses qui sont écrites dans les livres. Mais le Chêne Vert comprit, et il s'attrista, car il aimait chèrement le petit Rossignol qui avait fait son nid dans ses branches.

« Chante-moi une dernière chanson », murmura-t-il, « je serai bien seul quand tu seras parti. »

Et le Rossignol chanta pour le Chêne Vert, et sa voix était comme de l'eau qui coule en murmurant d'un vase d'argent.

Quand il eut fini son chant, l'Etudiant se leva et tira un carnet et un crayon de sa poche. « Il a de la technique », se dit-il en traversant le bosquet, « on ne peut le lui dénier ; mais a-t-il du sentiment ? Je crains bien que non. En réalité, il est comme la plupart des artistes ; il est tout style et sans sincérité. Il ne se sacrifierait pas pour les autres. Il ne pense qu'à la musique, et chacun sait que les arts sont égoïstes. Et pourtant il faut admettre qu'il a quelques belles notes dans la voix. Quel dommage qu'elles ne signifient rien ou ne servent pas à quelque chose ! »

Et il rentra dans sa chambre, s'étendit sur son grabat, et se mit à songer à son amour ; et, après un certain temps, il s'endormit.

Et quand la lune brilla dans le ciel, le Rossignol vola vers le Rosier et mit sa gorge contre l'épine. Toute la nuit, il chanta, avec sa gorge contre l'épine, et la froide Lune de cristal se pencha pour écouter. Toute la nuit il chanta, et l'épine entra de plus en plus profondément dans sa gorge, et le sang de sa vie s'en alla de son corps. Il chanta d'abord la naissance de l'amour dans le coeur d'un jeune homme et d'une jeune fille. Et sur la plus haute branche du Rosier fleurit une rose merveilleuse, pétale après pétale, comme chant après chant. D'abord, elle fut pâle, pâle comme les vapeurs suspendues au-dessus de la rivière, pâle comme les pieds du matin, et argentée comme les ailes de l'aube. Comme l'ombre d'une rose dans un miroir d'argent, comme l'ombre d'une rose dans un étang, ainsi était la rose qui fleurit sur la plus haute branche du Rosier.

Mais le Rosier cria au Rossignol de se presser plus fort contre l'épine. « Presse-toi plus fort, petit Rossignol », cria le Rosier, « sinon le Jour viendra avant que la rose soit finie. »

Et le Rossignol se pressa plus fort contre l'épine, et son chant s'éleva de plus en plus, car il chantait la naissance de la Passion dans l'âme d'un homme et d'une femme. Et une délicate rougeur apparut sur les pétales de la rose, comme la rougeur sur le visage de l'époux quand il baise les lèvres de l'épousée. Mais l'épine n'avait pas encore atteint son coeur, de sorte que le coeur de la rose demeurait blanc, car seul le sang du coeur d'un Rossignol peut empourprer le coeur d'une rose.

Et le Rosier cria au Rossignol de se presser plus fort contre l'épine. « Presse-toi plus fort, petit Rossignol », cria le Rosier, « sinon le Jour viendra avant que la rose soit finie. »

Et le Rossignol se pressa plus fort contre l'épine, et l'épine toucha son coeur, et une douleur cruelle le transperça. Plus cruelle était la douleur et plus farouche devint son chant, car il chanta l'Amour qui est parachevé par la Mort, l'Amour qui ne meurt point dans le tombeau. Et la rose merveilleuse devint pourpre, comme la rose du ciel d'Orient. Pourpre était le cercle des pétales, et pourpre comme un rubis était le coeur. Mais la voix du Rossignol s'affaiblit de plus en plus, et ses petites ailes se mirent à battre, et un voile descendit sur ses yeux. Son chant s'affaiblit de plus en plus et il se sentit étouffer. Puis son chant jaillit pour la dernière fois. La Lune l'entendit, elle en oublia l'aube et s'attarda dans le ciel. La rose rouge l'entendit, et elle trembla toute d'extase, et ouvrit ses pétales à l'air frais du matin. L'écho le porta jusqu'à sa caverne violette, sur la colline, et éveilla de leurs rêves les bergers endormis. Il flotta à travers les roseaux de la rivière, qui portèrent son message jusqu'à la mer.

« Regarde, regarde ! » s'écria le Rosier, « la rose est finie, maintenant » ;

mais le Rossignol ne répondit pas, car il était mort et couché dans l'herbe haute, avec l'épine dans son coeur.

Et à midi, l'Etudiant ouvrit sa fenêtre et regarda dehors. « Quoi, quelle chance merveilleuse »S'écria-t-il ; « voici une rose rouge ! Je n'ai jamais vu de ma vie une rose pareille. Elle est si belle qu'elle doit avoir, j'en suis sûr, un nom latin très long » ; et il se pencha et la cueillit.

Puis il mit son chapeau et courut à la maison du Professeur, avec la rose dans sa main. La fille du Professeur était assise sur le seuil, enroulant de la soie bleue sur un dévidoir, et son petit chien était couché à ses pieds.

« Vous avez promis de danser avec moi si je vous apportais une rose rouge », s'écria I']Etudiant. « Voici la rose la plus rouge du monde. Vous la porterez ce soir près de votre ctrur, et, tandis que nous danserons ensemble, elle vous dira combien je vous aime. »

Mais la jeune fille fronça le sourcil. « Je crains qu'elle n'aille pas avec ma robe », répondit-elle ; « et, de plus, le neveu du Chambellan m'a envoyé quelques vrais joyaux, et tout le monde sait que les joyaux coûtent beaucoup plus que les fleurs. »

« Eh bien ! sur ma parole, vous êtes une ingrate », dit l'Etudiant avec colère ; et il jeta la rose dans la rue, où elle tomba dans le ruisseau et fut écrasée par une voiture.

« Ingrate ! » dit la jeune fille. « Je vous dis, moi, que vous êtes bien impoli ; et, après tout, qu'êtes-vous donc ? Vous n'êtes qu'un étudiant. Vraiment, je ne crois même pas que vous ayez à vos souliers des boucles d'argent, comme en a le neveu du Chambellan. »

Et elle se leva de sa chaise et rentra dans la maison.

« Quelle chose absurde que l'Amour », dit l'Etudiant en s'en allant. « Il n'est pas à demi aussi utile que la Logique, car il ne prouve rien, et il raconte toujours des choses qui n'arrivent jamais, et il vous force à croire des choses qui ne sont pas vraies. En fait, ce n'est rien de pratique, et comme à cette époque être pratique est l'essentiel, je retournerai à la Philosophie et j'étudierai la Métaphysique. »

Et il revint dans sa chambre, tira un gros livre poussiéreux et se mit à lire.



Mon dieu, qu'elle merveilleuse et triste histoire en même temps... quel affreux prix a payer pour la personne qu'on aime...



Oscar Wilde, un de mes auteurs préférés (L)
Le rossignol et la rose
# Posté le vendredi 11 janvier 2008 11:10